Suite à l’annonce par la préfecture d’Ile-de-France de fermer 400 places d’hébergement d’urgence, nous attaquons en justice cette décision.
Nous dénonçons avec la plus grande fermeté la fermeture brutale du centre d’hébergement d’urgence dit « GL Center », situé porte de la Villette à Paris.
Ouvert en 2022 dans le cadre de l’accueil des personnes fuyant la guerre en Ukraine, ce centre reposait initialement sur un dispositif spécifique d’environ 200 places, dédié aux bénéficiaires de la protection temporaire. Mais ce que l’État omet de rappeler, c’est que ce centre a ensuite été étendu sous la pression du contentieux. En 2022, avec Médecins du Monde, nous avions saisi le juge des référés jusqu’au Conseil d’État pour dénoncer l’existence de places vacantes alors que des familles dormaient à la rue.
Dans son ordonnance du 19 décembre 2022, le Conseil d’État a reconnu le caractère « regrettable » de la coexistence de places vacantes et de personnes sans abri, tout en refusant d’imposer une réorganisation globale du dispositif. Mais surtout, le lendemain même de l’audience devant le Conseil d’État, le gouvernement a ouvert 200 places supplémentaires au sein du GL Center pour la mise à l’abri de familles.
Le site a ainsi fonctionné avec deux dispositifs, celui initial de 200 places dédiées aux personnes déplacées d’Ukraine et un dispositif supplémentaire d’environ 200 places pour des personnes sans abri, ouvert sous la pression du contentieux.
Ces places supplémentaires n’ont donc rien d’un choix spontané de l’administration : elles sont le résultat direct de la pression exercée par nos recours.
Aujourd’hui, la situation a radicalement changé. Il ne s’agit plus de places vacantes. Il s’agit de la suppression massive de 400 places de places d’hébergement d’urgence.
Cette décision intervient dans un contexte de saturation extrême du dispositif francilien, où le 115 laisse chaque soir plusieurs centaines de personnes – dont des familles avec enfants – sans solution.
Les conséquences sont immédiates : des centaines de personnes remises à la rue du jour au lendemain ; des orientations imposées vers des dispositifs éloignés, précaires ou inadaptés ; des ruptures de scolarité, de suivi médical et de stabilité pour les personnes concernées.
Ces orientations ne constituent pas des solutions effectives d’hébergement. Elles contraignent les personnes à choisir entre l’éloignement forcé en région et la rue. Il ne s’agit pas de simples refus de leur part, mais de refus de solutions inadaptées. Dans ces conditions, l’État ne se contente plus d’être en difficulté : il aggrave lui-même la saturation du dispositif en fermant des places existantes, qu’il avait pourtant été contraint d’ouvrir.
Face à cette situation, nous avons saisi en urgence le juge des référés du tribunal administratif de Paris. Une audience en référé liberté se tiendra le 30 avril 2026 à 11h30, afin de demander : la suspension de la fermeture du centre ; le maintien de la prise en charge des personnes concernées ; et, à tout le moins, la mise en place de solutions d’hébergement adaptées et dignes.
Dans un contexte où les besoins explosent, fermer des places d’hébergement d’urgence revient à produire délibérément de la rue.
Nous appelons les pouvoirs publics à revenir immédiatement sur cette décision et à respecter leurs obligations légales en matière d’hébergement d’urgence.
Aucune politique publique ne peut se construire sur la remise à la rue de familles entières.
