Ce jeudi 21 mai à Rennes, des jeunes filles se sont installées sous des tentes au square Joseph Loth, faute de solution de mise à l’abri par le département d’Ille-et-Vilaine. Elles demandent l’application du principe de présomption de minorité et ainsi, des solutions d’hébergement et de protection immédiates. Ce campement vivra jusqu’à ce que des propositions institutionnelles soient mises en œuvre. Un rassemblement de soutien est organisé à 18h.

Ces situations sont la conséquence directe de défaillances dans la protection des personnes vulnérables et du refus de prise en charge de ces mineures isolées par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE).

Ces jeunes filles ont demandé une prise en charge au département d’Ille-et-Vilaine au titre de la protection de l’enfance, qui a refusé de les reconnaître mineures et les a remises à la rue. Pendant leur recours devant le juge des enfants, elles ne bénéficient ni d’hébergement ni de protection. 

Pourtant, depuis plus de deux ans, 100% des jeunes filles en recours accompagnées par l’association Utopia 56 à Rennes ont été reconnues mineures par le juge des enfants. 

La période du recours peut durer entre 3 et 17 mois pendant lesquels, filles et garçons, vivent à la rue, dans des campements ou des squats. Ces conditions de vie, ainsi que les conditions d’évaluation de l’âge des mineur·es non accompagné·es, constituent une violation de leurs droits fondamentaux. En n’appliquant pas le principe de présomption de minorité, le département expose ces mineures à des risques majeurs. Elles voient leur santé physique et mentale se dégrader, beaucoup sont victimes de violences physiques et sexuelles, toutes y sont dans tous les cas fortement exposées. Elles sont même à risque d’être prises dans des réseaux d’exploitation ou de traite des êtres humains. 

Nous constatons régulièrement des disparitions inquiétantes, comme cela a été le cas la semaine dernière ainsi qu’en février. Après des mois d’accompagnement social quotidien, deux des jeunes filles que nous accompagnons ont en effet disparu, sans explication, mais avec des éléments justifiant une suspicion d’enrôlement dans des réseaux de prostitution. Des situations similaires se répètent, et font présager les pires scénarios, tant la précarité et la détresse, dans lesquelles ces adolescentes sont plongées, sont fortes après que le département les ait mises à la rue

Cette réalité est connue et fait l’objet d’alertes quotidiennes de la part des associations ainsi que d’interpellations publiques et médiatiques. Pourtant, le département et l’État se murent dans l’illégalité et continuent de laisser des jeunes, des enfants, sans protection et en danger. 

C’est pourquoi l’association et les bénévoles solidaires ont décidé de rester dans le square Joseph Loth, aux côtés de ces jeunes mineures. Si aucune solution d’hébergement n’est apportée, tous passeront la nuit sur place, pour remplir le rôle que devrait tenir l’État et le département : les protéger.