NOS VALEURS

AIDE HUMANITAIRE ET MILITANTISME

À Utopia 56, nous affirmons qu’aide humanitaire et militantisme sont indissociables.

Car nous pensons qu’on ne peut pas secourir sans interroger ce qui rend le secours nécessaire, ni militer sans se confronter à la réalité des personnes qui vivent l’injustice au quotidien, nos missions s’articulent autour de trois axes indissociables : aider sur le terrain, alerter et dénoncer les injustices, mobiliser les citoyen·nes pour lutter ensemble.

Ainsi, depuis plus de dix ans, Utopia 56 défend les droits des personnes en exil, et plus largement de toutes les personnes à la rue.

 

lanceurs d’alerte

Secourir, accueillir, accompagner, c’est déjà prendre parti : pour la dignité, pour l’égalité, contre les politiques et les pratiques qui créent la souffrance que l’on constate. Assumer la dimension politique de ce que l’on voit sur le terrain, c’est dire clairement : si l’on agit, c’est parce que des droits sont violés, parce que la violence institutionnelle se répète, parce que trop souvent la dignité devient conditionnelle. Pour une association comme la nôtre, être lanceur d’alerte et militer, c’est ce qui empêche que l’aide ne devienne un palliatif des défaillances des politiques publiques. C’est pour cette raison que nous ne souhaitons, ni ne recevons, aucun argent de l’État.

Nous ne pouvons endosser ce rôle d’aide d’urgence qu’à condition de lancer l’alerte dans le même temps. Alors nous dénonçons ce qui pousse et oblige à agir. Aider, dénoncer, contre-attaquer : une seule et même ligne d’action. Au cœur de cette action, Utopia 56 s’efforce de laisser au centre les personnes qu’elle rencontre et qui sont victimes des illégalités de l’État. Ce sont les récits de leurs souffrances, leurs expériences, leurs colères qui permettent de comprendre la structure des injustices. Ce sont elles qui construisent les revendications, qui montrent où ça bloque, où ça blesse, où ça écrase.

 

permettre les conditions de la lutte

Enfermer ces personnes dans le rôle de victimes passives ou de personnes simplement “dans le besoin” reviendrait à les réduire à ce qu’elles subissent. On se doit de dénoncer la violence des frontières, du racisme, des contrôles, de la rue, des démarches administratives, sans jamais nier la dignité, la force et la puissance de celles et ceux qui y font face quotidiennement. Permettre qu’elles puissent retrouver cette place-là, un endroit d’honneur et d’autonomie, est une exigence fondamentale.

Mais comment s’organiser, penser une stratégie collective, quand l’urgence est de trouver un toit ou de quoi manger ? La précarité et l’angoisse étouffent toute capacité d’engagement. L’aide d’urgence et humanitaire n’est donc pas accessoire : elle est une condition politique et un préalable essentiel. Pour permettre aux personnes concernées de devenir actrices de leur lutte, et rendre leur mobilisation possible. Pour autant, en aidant, on ne doit pas ignorer la position dominante que l’on occupe de fait.

 

pour un accueil digne et solidaire

Dans tout acte de solidarité, il existe un biais : il y a quelqu’un qui donne, quelqu’un qui reçoit. Il faut faire tout ce qui est possible pour ne pas recréer, à l’intérieur de nos propres espaces, les violences structurelles que la société impose déjà. C’est un travail constant, une vigilance nécessaire. Dans cet aller-retour permanent entre action et compréhension, entre soin et dénonciation, entre réalité et revendication, se construit une association réellement juste, utile et fidèle à ce qu’elle prétend défendre. C’est ce vers quoi, à Utopia 56, nous essayons de tendre autant que possible. Car au final, le militantisme protège l’humanitaire de la résignation, l’humanitaire protège le militantisme de l’abstraction.

Notre vision est celle d’un monde dans lequel les êtres humains ne seraient plus des corps à contrôler et à trier selon leur pays d’origine, où les frontières ne seraient plus des lieux de répression et de mort, et où la notion même d’étranger n’aurait plus de sens. Le droit d’exister quelque part n’étant plus conditionné à une légitimité théorique, mais reconnu de fait, pour toutes et tous, en tout lieu et en tout temps.

Pour en arriver là, Utopia 56 milite pour que les principes de liberté de circulation, d’accueil digne et solidaire, ainsi que de présomption de minorité, soient reconnus et appliqués pour toutes et tous.

En donnant 10 € par mois,
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